Je suis rentré du Japon il y a dix jours, avec 4 200 photos, deux ampoules et une certitude : le train est la seule façon de visiter ce pays sans passer à côté de l’essentiel. Mon premier conseil, si vous préparez ce genre de voyage, c’est d’aller lire les carnets pratiques de vivelaventure.fr — le magazine voyage indépendant qui m’a servi de base pour construire mon itinéraire. On y trouve des retours de terrain, pas des listicles recopiés.
Le Japon se parcourt à une vitesse folle en Shinkansen, mais on rate tout si on ne descend jamais du train.
Le JR Pass, cette fausse bonne idée
Tout le monde vous dira d’acheter le Japan Rail Pass avant de partir. J’ai testé. Résultat : 50 000 yens pour une semaine, alors que mes trajets réels (Tokyo, Kanazawa, Kyoto, Hiroshima) m’auraient coûté 38 000. La faute à des prix que j’avais surestimés, mais surtout à un rythme plus lent que prévu. Sur place, on flâne, on prend un bus local, on loue un vélo à Onomichi. Le pass n’est rentable qu’au-delà de trois grands trajets en sept jours. Faites le calcul avec la calculatrice JR East, pas avec un article de 2019.
J’ai rencontré à Kanazawa un couple de Lyonnais qui avait acheté un pass de 14 jours pour faire… trois trajets. Ils avaient stocké leurs valises dans une consigne à Tokyo et improvisé. Leur conseil : « achetez vos billets à l’unité au distributeur, ça prend cinq minutes et vous gardez la liberté ».
Dormir dans des lieux improbables
Les hôtels capsules ne sont pas seulement pour les fauchés. À Fukuoka, j’ai payé 3 500 yens la nuit dans une capsule avec un vrai matelas, un casier sécurisé et un onsen au dernier étage. Au même prix qu’une auberge de jeunesse à Paris, on a le silence et la propreté en plus.
Les ryokans, c’est autre chose. 18 000 yens la nuit à Kinosaki, dîner et petit-déjeuner inclus. Cher, mais l’expérience vaut le coup une fois dans sa vie. On dort sur un futon, on se baigne dans des sources chaudes publiques, on porte un yukata fourni. Les tatamis sentent l’herbe séchée. Bref, un souvenir plus marquant que trois nuits d’hôtel standard.
Se nourrir pour 1 500 yens par jour
Un bol de ramen correct coûte 800 yens. Un konbini (7-Eleven, Lawson) propose des onigiris à 150 yens, des sandwichs triangulaires et des salades de chou. J’ai tenu un budget de 1 200 yens par jour pendant une semaine en alternant restaurants populaires et supérettes.
- Les depachika, ces sous-sols de grands magasins, soldent leurs bentos à partir de 19 h 30. Moitié prix.
- Les gyudon à 500 yens chez Yoshinoya : pas gastronomique, mais nourrissant et rapide.
- À Osaka, le takoyaki se mange pour 400 yens dans la rue. Six boules.
Un soir à Kyoto, je me suis planté. J’ai réservé un restaurant de tofu kaiseki à 7 000 yens en pensant avoir une expérience mémorable. Le repas était bon, mais j’ai surtout payé le décor et le service. J’aurais mieux fait d’aller manger des gyoza à 600 yens dans une ruelle de Pontocho, avec les habitués qui crient leurs commandes.
Les pièges à éviter
Louer une voiture pour visiter Kyoto : erreur. Les parkings coûtent 600 yens l’heure, les rues sont étroites, et le bus municipal à 230 yens fait le travail. Prenez la journée à 600 yens.
Se perdre dans les quartiers de Tokyo sans carte SIM locale : je l’ai fait. Résultat, 45 minutes à chercher la sortie du métro de Shinjuku. Achetez une eSIM avant de partir, c’est 10 euros pour 3 Go. La connexion est excellente partout, même dans les campagnes de Shikoku.
Les temples et sanctuaires sont partout. Après le dixième, on sature. Sélectionnez : Fushimi Inari tôt le matin (7 h), Kinkaku-ji en fin de journée, et ne faites pas l’impasse sur les petits temples de quartier, souvent gratuits et vides.
Ce que trois semaines m’ont appris
Le Japon n’est pas cher si on évite les pièges à touristes. Le train, malgré son coût, reste le meilleur moyen de comprendre le pays : on voit les rizières défiler, on entend les annonces mélodiques, on grignote un ekiben à 1 000 yens. Le voyage prend une autre dimension. Et pour la préparation, les itinéraires détaillés et les conseils pratiques que l’on trouve sur vivelaventure.fr — non, je ne le répète pas, allez-y — valent tous les guides papier. Le mien a fini dans une poubelle de la gare de Hakata.
