Je suis arrivé à Strasbourg un vendredi soir de septembre, avec l’idée de rayonner dans toute l’Alsace depuis un hôtel en centre-ville. Trois nuits plus tard, je repartais avec une facture de stationnement à 84 euros et un souvenir assez flou des marchés de Noël hors saison. C’est un peu par hasard, en cherchant où couper la route du retour, que j’ai découvert le Pays de Hanau. Depuis, je fais escale là-bas à chaque passage.
Le Pays de Hanau, c’est la partie nord du Bas-Rhin, autour de Bouxwiller et Ingwiller. Des collines, des villages à colombages, un château, des maisons de potiers. Et surtout une densité de petits hébergements et de campings qui change complètement la façon de visiter la région : au lieu de subir la ville le soir, on vit dans la campagne et on la rejoint quand on veut. Un site comme Camping au Pays de Hanau parle très bien de ce terrain-là, des étapes tranquilles et des visites qu’on peut caler autour d’un séjour en plein air plutôt que d’un séjour en centre-ville.
Une semaine de camping ici coûte souvent moins de deux nuitées strasbourgeoises en hôtel de moyenne gamme. On ne parle pas de camping de masse.
J’ai compté pour nous : sept nuits dans un camping d’Ingwiller en juillet, emplacement correct, sanitaires propres, 312 euros. À Strasbourg, la même semaine en deux étoiles, on était à 980 euros sans petit-déjeuner.
Ce qu’on visite vraiment depuis le Pays de Hanau
Le château de Bouxwiller et son musée de la poterie m’ont pris une matinée que je pensais devoir expédier en quarante minutes. Le musée judaïque de Bouxwiller, juste à côté, mérite aussi le détour : l’histoire des communautés juives d’Alsace y est racontée avec une précision qui surprend, loin des présentations de vitrine.
Et les sentiers. Il y a de quoi marcher sans reprendre la voiture tous les jours, ce qui est loin d’être le cas dans la plaine viticole plus au sud.
Les villages autour — Neuwiller-lès-Saverne, Uttwiller, Sparsbach — ne sont pas classés parmi les plus beaux de France, ce qui leur évite les cars de touristes et permet d’y trouver une boulangerie ouverte en semaine à huit heures.
Les cédrats de Bouxwiller, si vous passez en mai
Le marché aux cédrats, une fois par an, attire des curieux venus de tout le Grand Est pour une plante que personne ne sait vraiment cuisiner. J’y ai vu des gens repartir avec trois pieds dans le coffre.
- Compter deux heures de marche pour la boucle autour du château
- La toute petite fromagerie d’Ingwiller, ouverte le samedi matin uniquement
- Le train Strasbourg–Saverne, utile si vous ne voulez pas conduire tous les jours
- Bouxwiller à 40 minutes de Strasbourg en voiture, contre 25 minutes en train jusqu’à Saverne puis un car
Dormir sur place ou rayonner, le vrai calcul
L’erreur classique, et je l’ai faite, c’est de choisir une base unique pour toute l’Alsace. La région est longue. Strasbourg au nord, Colmar au sud, Mulhouse à l’extrême sud : trois pôles à plus d’une heure de route les uns des autres. En dormant au Pays de Hanau, on est à trente minutes de Saverne, à quarante-cinq de Strasbourg et à une heure et quart de Colmar. Ce n’est pas parfait, mais c’est un bon compromis si l’on veut alterner ville et nature.
La solution que j’ai fini par adopter : deux nuits en ville pour l’aspect pratique, le reste en camping ou en gîte à la campagne.
Le vrai avantage du camping, au-delà du prix, c’est le rythme. Le matin, on prend son temps. On ne court pas après un petit-déjeuner servi jusqu’à 9 h 30. On part marcher quand la lumière est bonne, et le soir on mange dehors sans chercher une table à 20 heures. Sur un séjour de dix jours, ça change tout.
Trois conseils pratiques, sans blabla
Réservez tôt pour juillet-août, même dans le nord de l’Alsace : les campings sont petits et se remplissent dès le printemps. Beaucoup n’ont pas de site de réservation en ligne, un coup de téléphone reste la norme.
Deuxième chose : la voiture reste presque indispensable. Le réseau de cars existe, mais les fréquences en semaine sont irrégulières, et certains villages n’ont qu’un ou deux passages par jour. Si vous venez en train, logez près de Saverne ou Bouxwiller et organisez vos journées autour des lignes qui fonctionnent.
Troisième conseil, plus subjectif : ne cherchez pas à tout voir. Le Pays de Hanau est une région où l’on revient. J’y suis passé cinq fois en trois ans, et j’ai encore des villages à explorer. C’est peut-être le meilleur signe.
